Geophagus aff. owroewefi

 

 

Textes et photos d'aqua-david           http://www.aquadavid.fr.st

 

 

 

 

 

 

 

 

Origine


Ce sont des cichlidés d’Amérique du sud (Guyane française et Surinam). Ils vivent principalement dans les rivières d’eau claire dans le bassin de Mana (ville du Nord-ouest de la Guyane française). On peut les trouver principalement dans deux cours d’eau : le Maroni (fleuve séparant la Guyane française du Surinam et se jetant dans l’océan Atlantique) et la rivière Marouini en aval des premiers rapides.

 

 

 

 

 

Description


Ce sont des cichlidés de taille moyenne, ils atteignent une taille d’environ 14 cm à l’âge adulte.
Ces poissons ont une coloration de base beige-grise et présentent des points aux reflets dorés sur le corps disposés selon neuf lignes horizontales. L’ocelle présente sur chaque flanc est de couleur noire. Elle s’étend plus ou moins verticalement selon l’humeur du poisson. Une barre verticale passant par l’œil traverse la tête de haut en bas. Les trois premiers rayons dorsaux sont d’une couleur noire très marquée.
Le diphormisme sexuel est très peu prononcé : les femelles restent plus petites que les mâles (pour peu que l’on ait des sujets adultes). Les femelles gravides se repèrent à leur ventre arrondi par les œufs (à ne pas confondre avec des poissons qui viennent de manger). Le moyen le plus sûr pour sexer ces espèces, c’est encore d’observer les organes génitaux. La papille génitale mâle est pointue et dirigée vers l’arrière. Elle est cylindrique et dirigée légèrement vers l’avant chez la femelle.

 

 

 

 

 

Le genre Guianacara renferme des espèces aux caractères morphologiques et origine proches :
Guianacara geayi (PELLEGRIN, 1902) en Guyane française.
Guianacara oelemariensis KULLANDER & NIJSSEN, 1989 en Guyane française et au Surinam.
Guianacara owroewefi KULLANDER & NIJSSEN, 1989 au Surinam.
Guianacara sphenozona KULLANDER & NIJSSEN, 1989 au Surinam.

 

Il est très difficile de les différencier. Seule une clef de détermination permet de le faire sans erreur :

 

1- Large ocelle sur le milieu du côté latéral. Pas de prolongement de nageoires sur la dorsale. 

             Nerf supraneural unique Guianacara oelemariensis.
     Barre en travers du côté, sauf sur les grands spécimens où la barre est réduite à une ocelle dorsale

             Présence de prolongement de nageoires sur la partie antérieure de la dorsale. Deux nerfs supraneuraux.


2- Barre sur le flanc marquée sur et sous la ligne latérale. 

            Fines membranes sur la dorsale entre les trois épines dorsales antérieures noires Guianacara owroewefi.
     Barre sur le flanc cunéiforme marqué sur et au dessus de la ligne latérale. 

            Trois épines dorsales antérieures noires chez les jeunes uniquement. Guianacara sphenozona.


 

 

 

 

Comportement


Ces poissons occupent le plus souvent la zone intermédiaire de l’aquarium, ce sont des poissons de pleine eau.
Les relations intra spécifiques sont parfois houleuses. En effet, comme chez beaucoup de cichlidés, une certaine hiérarchie se crée. A sa tête, un mâle dominant chasse les autres mâles. Il faut donc prévoir un aquarium d’au moins 450 litres pour maintenir plusieurs couples dans de bonnes conditions. Les poissons dominés, doivent constamment trouver des refuges. Donc, il est recommandé d’offrir de nombreuses cachettes aux occupants de l’aquarium.


Les relations interspécifiques sont plutôt bonnes pour des cichlidés de cette taille. Cependant, il faut éviter de les associer avec des espèces dites ««calmes»» ou de petites tailles.
Lors des périodes de reproduction, l’instinct de territorialité se renforce. Les poissons deviennent agressifs envers tous les autres pensionnaires du bac. De plus, ils deviennent de véritables terrassiers en creusant le sol autour du lieu de ponte.

 

 

 

 

 

 

Maintenance


Les poissons seront maintenus dans un aquarium spécifique de préférence. Un volume de 450 litres permet de maintenir 5 à 6 spécimens dans de bonnes conditions, et ainsi, de laisser place à des reproductions potentielles. Si les poissons se sentent à l’étroit dans l’aquarium, ils ne tenteront pas de se reproduire. Le bac offrira une grande surface d’eau afin que les occupants puissent avoir une surface de nage libre suffisante. Ainsi, un aquarium de 150 X 50 X 60 (en cm) serait idéal pour ces poissons.


Le sol sera composé de sable de Loire fin. En effet, ces poissons fouillent souvent le sol en quête de nourriture (leur bouche en position infère le leur permet) ou en période de reproduction. Avec un sol de grande granulométrie, les poissons risqueraient d’avoir des lésions buccales.


Le décor a peu d’importance pourvu qu’il offre de nombreuses cachettes où les poissons dominés pourront se réfugier. Les noix de coco et les pots de fleur en terre cuite pourront être utilisés comme cavernes de fortune. Mis à part leur esthétisme, les racines de tourbières permettront d’acidifier le milieu et donneront une jolie couleur ambrée à l’eau. Le décor étant une affaire de goût, les possibilités sont grandes. Cependant, l’utilisation de roches calcaires est à bannir à cause de leur pouvoir alcalinisant.


Du point de vue de la plantation, on prendra garde à planter des espèces ««robustes»». Les Guianacara owroewefi sont assez respectueux du décor et de la plantation. Cependant, il n’est pas rare de les surprendre à tirer sur les plantes ou à creuser à leur pied. A cause du déracinement potentiel, les plantes délicates sont à exclure de la plantation. Ainsi, on pourra placer par exemple des plantes comme : Anubias barteri, Microsorium pteropus…… Il est possible de parfaire la plantation avec des plantes comme la mousse de java (Vesicularia dubyana) ou de riccia (Riccia fluitans). Le rideau de riccia aura pour avantage d’atténuer par endroit la lumière et ainsi de former des zones d’ombre qui rassureront les poissons.
Les plantes introduites dans l’aquarium ne nécessitant pas une lumière intense, deux tubes horticoles de 36 W assureront un éclairage nécessaire et suffisant pour un aquarium de 60 cm de hauteur.


Le type de filtration importe peu, ce qui est important, c’est le débit. Il devra être au moins équivalent à 2 ou 3 fois le volume du bac par heure. En effet, dans leur milieu naturel, ces poissons vivent dans des rivières à eau claire avec des courants parfois importants. Cependant, il faudra veiller à ce que le rejet ne crée pas trop de remous en surface afin d’éviter une suroxygénation de l’eau et du fait, une montée du pH. Pour ma part, j’ai opté pour un bac à décantation d’environ 30 litres. La masse filtrante se compose de deux mousses bleues verticales (une à grosses alvéoles et une à alvéoles fines). L’’eau traverse toute la hauteur des mousses ce qui a pour avantage d’augmenter la surface de contact avec l’eau oxygénée et donc augmenter la présence d’oxygène au niveau de la mousse. La filtration est donc facilitée par un apport élevé en oxygène aux bactéries aérobies (celles du cycle de l’azote). Le rejet est assuré par une pompe de 1000 L/H et est dirigé vers le coté opposé à l’aspiration et légèrement sous la surface de l’eau.

 

Comme tous les poissons du bassin amazonien, Guianacara owroewefi demande une eau douce à pH légèrement acide. C’’est pour cela, qu’il sera maintenu dans une eau d’environ 8°GH et d’un pH de 6-7. La température sera fixée environ à 26 °C, mais elle pourra varier de 25 à 28 °C.

 

 

 

 

 

 

Nourriture


Les Guianacara owroewefi ne sont pas des cichlidés difficiles à nourrir. Il faut quand même, leur proposer une nourriture variée.


Le problème majeur, dans l’alimentation de ces cichlidés (comme pour beaucoup d’autres), serait leur tendance à l’embonpoint. Il est donc impératif, si l’on veut maintenir ces poissons dans de bonnes conditions, d’éviter une nourriture trop riche. Ainsi, les vers de vase, le cœur de bœuf et toute autre nourriture riche sont à proscrire. C’’est toujours le même problème en aquariophilie, les poissons ne se dépensent pas autant que dans le milieu naturel et ils finissent par grossir anormalement si la nourriture n’est pas adaptée.

 


Je leur propose une nourriture congelée :

500g de poisson blanc (filet de merlu).
500g de crevettes.
500g de moules (enlever le byssus).
500g d’épinards.
Spiruline.
 
 

Afin d’éviter les problèmes dus à l’alimentation, je conseillerais de laisser jeûner vos poissons au moins une journée par semaine (ceci est valable pour tous les poissons sauf les alevins).

 

 

 

 

 

 


Reproduction


Les Guianacara owroewefi sont des cichlidés pondeurs sur substrat caché. Ainsi, à la mise en route de l’aquarium, je leur avais mis à disposition des demi-noix de coco posées sur le fond de l’aquarium. L’’ouverture servant d’entrée était placée sur le dessus de la noix et avait une taille d’environ 2 cm de large sur 4-5 cm de long ce qui était largement suffisant vu la taille des poissons (ils faisaient à l’époque environ 6 cm de long). Les dimensions de l’entrée sont importantes. Elles doivent être adaptées à leur taille. Cette caverne de fortune ne sera acceptée que si elle est rassurante. Le couple doit se sentir protégé à l’intérieur. Quelques mois plus tard, j’ai eu le plaisir d’observer des parades nuptiales. Les mâles avaient depuis quelques temps pris possession des noix et chassaient tout intrus. Ils ont fini par commencer à attirer les femelles vers leur territoire en entrant et sortant devant celles-ci comme s'ils voulaient les inviter à entrer dans leur demeure. Ceci ne se passait pas sans combats entre les différents protagonistes masculins. Les femelles répondant aux avances des mâles allaient visiter les noix et ressortaient au bout de quelques minutes. Ce petit manège a duré quelques jours. Une femelle s’est enfin décidée à choisir une noix et un mâle à son goût. Cependant, ce choix peut s’expliquer autrement. En effet, je me suis aperçu par la suite que les noix utilisées pour la reproduction étaient celles dont l’entrée était placée face au rejet de la pompe. Les futurs parents s’ornent d’un masque gris sur le front. Ce masque de forme triangulaire pose ses sommets au niveau des yeux et de l’espace inter nasal.

 

Lorsque la ponte est terminée, les parents défendent le territoire. Il ne semble pas qu’un parent soit plus que l’autre responsable de cette tâche, les deux partenaires défendent efficacement le lieu de ponte. Au bout de 5-6 jours, les parents creusent une cuvette dans le sable au pied de la noix de coco. Ils y déposent les alevins qui ne nagent pas encore. L’’instinct de protection de ces cichlidés est à ce moment décuplé, les parents ne savent pas où donner de la tête pour défendre ce nuage d’environ 200-300 alevins. L’’instinct de défense se remarque facilement au premier coup d’œil de l’aquarium. C’’est à ce moment qu’il y a une différenciation du rôle parental : la femelle a pour rôle primordial le rassemblement et l’alimentation des alevins. Par contre, le mâle s’occupe davantage de la protection du territoire. Le bac est alors divisé en deux. Tous les autres occupants sont retranchés dans la moitié opposée au lieu de ponte et gare aux suicidaires qui voudraient s’approcher. Au bout de quelques jours, les alevins nagent en pleine eau, mais toujours sous la protection rapprochée des parents. Ils restent collés à leurs parents qui leur montrent où se trouve la nourriture. Les alevins intrépides qui osent s’aventurer hors du rayon de protection parental sont rapidement repris en bouche pour être déposés dans le groupe (c’est toujours un spectacle fascinant à observer).

 

Les premières tentatives d’élevage ont été vouées à l’échec : il arrive un moment où les parents n’arrivent plus à défendre efficacement les alevins qui finissent par servir de proies vivantes aux autres pensionnaires du bac. Par la suite, les alevins ont été séparés des parents après la nage libre et élevés dans un bac de 100 litres. L’eau de ce bac d’élevage devra avoir les mêmes caractéristiques physico-chimiques que le bac de reproduction. C’est pourquoi, il sera rempli avec de l’eau du bac de reproduction. Bien entendu, la totalité des alevins ne sera pas prélevée et on laissera environ la moitié de la progéniture. Ceci pour une double raison : La première est qu’il n’est pas nécessaire de stresser les parents par une disparition radicale de leurs alevins (choc qui pourrait bloquer des reproductions ultérieures), la seconde est qu’il ne me semble pas réaliste de prétendre élever correctement la totalité des alevins. De plus, pourquoi élever beaucoup et surtout pour en faire quoi ?

 

La croissance des jeunes Guianacara owroewefi est lente et irrégulière. Mais ils ne sont pas difficiles à nourrir et acceptent parfaitement tout type d’alimentation. Les alevins sont capables de capturer dès leur plus jeune âge des petites proies telles que des nauplies d’Artemia salina vivantes ou congelées (en cas de pénurie en nourriture vivante), de micros vers et de nourriture ««maison»»…… Ils seront nourris 4 à 5 fois par jour avec de petites quantités de nourriture. Les alevins ayant atteint la taille d’environ 1 à 2 cm seront transférés dans un aquarium de 300 litres.

 

Les parents ayant perdu leur progéniture ne tardent pas à se remettre en parade nuptiale. Cependant, les partenaires changent régulièrement, seuls les lieux de reproduction restent fixes (qui, comme je le citais plus haut, sont les noix de coco ayant l’entrée dirigée vers le rejet de filtration).


Puis, il y a eu un arrêt brutal de la reproduction dans le bac. C’est au bout de quelques temps, que je me suis aperçu que les noix de coco devaient être délaissées pour la simple et bonne raison qu’elles devenaient trop petites. Et oui, mes petits pensionnaires ont grandi et mesurent maintenant environ 12-13 cm. Les noix de coco ont donc été remplacées par des pots de fleur renversés. Après une période d’adaptation, ceux-ci ont été acceptés et commencés à être visité, et c’est reparti pour quelques parades……

 

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